Vingt ans après leur tournée mythique ‘Paris Rockin’, les « titis parigots » du groupe JAVA ont décidé de remonter sur le ring en s’associant à nouveau avec l’excentrique et chaleureux chanteur jamaïcain Winston McAnuff.
Entre un premier EP commun intitulé ‘Élémentaire’ et l’annonce de deux albums studio distincts à venir, ce retour en force marque la fin d’une longue attente de dix-sept ans pour les fans du groupe.
À l’approche de leur concert très attendu le jeudi 10 décembre au Splendid à Lille, R.Wan, chanteur de JAVA, a accepté de répondre à nos questions pour évoquer cet « uppercut Paris-Kingston » aussi surprenant qu’incontournable.
Propos recueillis par Céline Galant.
Vingt ans après votre tournée mythique ‘Paris Rockin’, qu’est-ce qui a motivé ces retrouvailles hautes en couleur entre les « titis parigots » de JAVA et l’univers de Winston McAnuff ?
C’est avant tout Romain Germa, directeur du label « Chapter Two », qui nous a soufflé l’idée. Il était déjà le producteur du disque Paris Rockin’ et cette expérience nous avait laissé un magnifique souvenir à tous, que ce soit au moment de la création, du rendu ou de la tournée qui avait suivi. Je ne suis pas amateur du réchauffé, mais là, on est plus dans la continuité…
Après Paris Rockin’, Fixi a sorti deux albums avec Winston avec lesquels ils ont beaucoup tourné… On se connaît depuis 40 ans avec Fixi, je trouve ça beau de pouvoir réunir notre histoire commune avec Java et celle avec Winston… Tout ça, c’est une histoire de famille… On a des caractères très différents, on s’est souvent engueulés, mais nous sommes très complémentaires dans la création et ça nous donne de la force.
Comment est né ce projet de collaboration inattendu entre la culture parisienne de JAVA et les vibrations jamaïcaines de Winston ?
Au début des années 2000, Nicolas « Baghir » Maslowsky part en Jamaïque pour rédiger un guide touristique… Il fait la rencontre de Winston et ils deviennent amis. En rentrant en France, il cherche à faire rééditer un vieil album à lui, mais se fait jeter de tous les labels. Il décide alors avec son pote Romain Germa de créer leur propre structure, « Makasound ». Le label durera une dizaine d’années. Ils produiront moult artistes jamaïcains, mais pas que… et aussi mon premier album solo, Radio Cortex…
À l’automne 2005, j’ai eu pour idée de réaliser des sessions de nuit au studio La Seine. Nous avions les clés grâce à l’ingé son Laurent Guéneau et on a monté le projet sous-marin au départ (nous avions très peu de moyens)… L’idée était de rameuter plein de musiciens de tous horizons autour de Winston… Cyril Atef, Fixi, Christiane Prince, Mathieu Chedid, Sigfried, Stepper, Cédric « Congo » Myton, Tom Fire et plein d’autres se succéderont dans une ambiance très festive. Fixi reprendra toutes ces sessions et, après un long travail d’arrangements, de coupes, etc., l’album Paris Rockin’ voit le jour en 2006…
Votre premier EP commun (sorti en juillet 2026) marque le grand retour de JAVA après 17 ans d’attente. Comment s’est passée la création de ce disque en studio, alliant le chant de R.Wan et Winston, l’accordéon de Fixi, la batterie d’Alexis Bossard et les machines de Tom Fire ?
Ce disque n’était pas prévu. Notre tourneur voulait monter un spectacle commun. Nous avons trouvé l’idée bonne… Pour des raisons personnelles et de temps, nous ne pouvions terminer deux albums entiers au printemps dernier. Nous avons donc décidé de produire cet EP qui a été créé au studio ICP à Bruxelles en trois jours… Nous avions quelques maquettes et nous avons enregistré dans les conditions du live. Une fois l’enregistrement terminé, Fixi, accompagné du réalisateur Olivier Lude, a peaufiné la matière brute pour en extraire le meilleur.
Vous annoncez également la parution prochaine de deux nouveaux albums studio distincts. Que pouvez-vous nous révéler sur la suite de cette aventure musicale ?
Un album de Java et un album de Winston sont en préparation. On aimerait sortir un titre inédit de Java pour cette tournée courant novembre… Normalement, l’album de Java devrait sortir avant l’été…
Vous serez en concert le jeudi 10 décembre au Splendid à Lille. À quoi le public peut-il s’attendre pour cet « uppercut Paris-Kingston » sur scène ?
À un show concentré qui fera des allers-retours entre les titres de Winston et ceux de Java. À la différence du Paris Rockin’ Tour qui était un spectacle en 3 parties (Radio Cortex, Winston puis Java), on a tout mélangé à l’image de l’EP que l’on a sorti spécialement pour cette tournée. Il n’y aura pas de machines (excepté un interlude sound system), tout sera joué en live à l’ancienne… À l’heure de l’invasion de l’I.A. dans la musique, nous trouvons qu’il est sain d’être le plus organique possible.
Quel effet cela fait-il de remonter ensemble sur le ring pour défendre ce projet sur scène devant vos spectateurs ?
On vous dira ça après le concert… Mais on est très excités et très contents de rejouer ensemble…
Enfin, un message pour les lecteurs de Ça C’est Culte ?
La culture, ça rend plus heureux, plus beau et plus intelligent que le culturisme.